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Top 10 : Les films médiévaux

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Barbe-Noire
surfeur51
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Top 10 : Les films médiévaux - Page 5 Empty Re: Top 10 : Les films médiévaux

Message par Barbe-Noire Mar 30 Jan - 19:35

surfeur51 a écrit:
Barbe-Noire a écrit:Idem pour "Titanic", ou le drame du navire et la romance entre les deux héros restent bien sur le paquebot, mais où le début et la fin n'y sont pas !
J'ai du mal à voir Titanic comme un huis-clos, surtout à cause de toute la partie contemporaine (recherche épave, Rose âgée). On n'a ni l'unité de lieu, ni l'unité de temps, ni tous les personnages agissant autour d'une action principale. "Piège de cristal" est mieux de ce point de vue, mais le nombre de protagonistes me pose problème (dans un huis-clos, j'ai du mal à imaginer plus d'une quinzaine de personnes ayant un rôle notable)

Effectivement ! C'est pour çà que j'ai divisé ma pré-liste en deux . Ceux qui sont incontestablement des huis-clos, et ceux pour lesquels il y a une part d'appréciation selon les critères qui seront déterminés par le capitaine de route .
Je suis allé chercher des listes de films estimés comme huis-clos sur divers sites ciné, et sur certains j'ai vu apparaître justement "Piège de cristal" et "Titanic" Surprised , alors que personnellement, je ne les perçois pas comme figurant dans cette catégorie .
Wait and see !
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Top 10 : Les films médiévaux - Page 5 Empty Re: Top 10 : Les films médiévaux

Message par surfeur51 Mer 31 Jan - 12:03

Merci à Barbe-Noire, alamo, snaky930, prune99, Old-School, Johnnyfan, Zardi et infrared qui ont participé à ce top.

34 films ont été cités sur les 9 listes, le record de citations revenant à "Le Nom de la rose" et "Kingdom of Heaven" (8 citations), devant "Ivanhoé" (6 citations). 5 films ont été cités en 1ère position , "Le Nom de la rose" et "Le Dernier Duel" (3 fois), et "Braveheart", "Le Septième Sceau" et "Kingdom Of Heaven" (1 fois).

A noter que Ridley Scott place trois films dans ce top 10.

1- "Le Nom de la Rose" de Jean-Jacques Annaud (1986) - 67 pts (Meilleure place : 1er)

Top 10 : Les films médiévaux - Page 5 Zpua

An de grâce 1327. Dans une abbaye bénédictine, un moine est tombé du haut d'une tour, un autre est retrouvé mort dans une cuve de sang. Ne serait-ce pas l'œuvre du diable? Chargé de l'enquête, le franciscain Guillaume de Baskerville doit élucider le mystère de ces meurtres avant que le grand inquisiteur ne brûle des innocents.

"Le Nom de la Rose" est d'abord une enquête policière, mais le fait qu'elle se déroule au Moyen-age lui donne un air particulier, avec les mœurs de l'époque, les passages secrets et l'utilisation de poisons, qui font penser à l'influence de Satan.
Ce film, qui  est une adaptation assez fidèle, par Jean-Jacques Annaud, du roman de Umberto Eco "Il nome della rosa", se déroule alors que l'Eglise est en crise et se voit disputer son pouvoir spirituel et temporel. Elle cherche à lutter contre cette tendance et c'est la période où l'inquisition se fait la plus menaçante. Sur cette toile de fond illustrée par l'inquisiteur Bernard Gui accompagné de ses bourreaux, de ses pinces rougies au feu et toujours prompt à préparer un bûcher, Annaud nous livre une aventure à grand spectacle, haute en couleur et riche en rebondissements, qui constitue également une description intéressante de la vie ecclésiastique au Moyen-age, ainsi que des relations qui pouvaient exister entre les différents ordres (Guillaume de Baskerville est un franciscain qui enquête dans un monastère dominicain). Le film présente dès son ouverture une ambiance et un suspense digne des plus grandes œuvres du cinéma, avec sa cohorte de moines difformes, étranges, soupçonneux et déviants sexuellement. Sean Connery y incarne avec une grande réussite un enquêteur rempli d'orgueil, mais doté de l'autorité et la sagacité requises pour traverser les dangers et débusquer les mensonges. Accompagné de son jeune novice Adso de Melk (Christian Slater, remarquable dans un de ses premiers rôles, à seulement 17 ans), il se bat contre l'obscurantisme et fait tout sauver, face à l'inquisition, le second tome de la Poétique d'Aristote, réputé ne pas exister, et qui contient d'insupportables secrets sur la comédie. Son enquête est le ressort d'une intrigue compliquée et passionnante, parsemée de cadavres, avec ses soupçons, ses fausses pistes et ses retournements de situations.
S'il est parfaitement réussi sur le plan de l'intrigue, de la mise en scène et de la qualité du jeu des acteurs, "le Nom de la Rose" reste quand même un peu froid et fait plus appel à la curiosité intellectuelle du spectateur qu'à ses émotions.

Ma note : 8,5/10

2- "Kingdom of Heaven" de Ridley Scott (2005) - 56 pts (Meilleure place : 1er)

Top 10 : Les films médiévaux - Page 5 U6m7

France, XIIème siècle. Le jeune Balian se voit confier la périlleuse mission de partir en croisade afin de préserver la paix en Palestine. Jérusalem connaît un équilibre fragile grâce aux efforts de son roi chrétien, Baudouin IV, et à la modération du légendaire chef musulman, Saladin. Mais le fanatisme religieux menace aux portes de la ville et contraint Balian à s'engager dans la guerre...  

Ayant pris goût au film historique avec "Gladiator", Ridley Scott récidive avec "Kingdom of Heaven", l'histoire de Balian d'Ibelin qui essaya vainement de défendre Jérusalem contre les attaques de Saladin, la prise de la ville ayant été à l'origine de la 3ème croisade menée par Richard Cœur de Lion. Quand le film commence, une paix précaire existe à Jérusalem, grâce aux efforts conjugués du roi Baudouin IV, malheureusement atteint de la lèpre, et le sultan Saladin, qui ont fort à faire pour empêcher les ultras des deux camps de relancer la guerre. Dans le film, on voit Balian partant de France vers la Palestine, poussé par le désir de rédemption pour lui et sa femme qui venait de se suicider suite à la mort de leur enfant. Dans la réalité, Balian est en fait né en Palestine, mais la plupart des événements du film qui se déroulent dans ce pays sont très proches de la vérité historique.
Scott s'intéresse à ce personnage qui n'avait pas pour ambition de rentrer dans l'Histoire, mais que les circonstances ont amené sur le devant de la scène. Le côté psychologique est donc traité avec soin, le film pouvant même paraître lent par moment, et les scènes d'action ne sont pas forcément celles que recherche le réalisateur qui se permet même de zapper entièrement le déroulement de la fameuse bataille de Hattin qui vit Saladin anéantir une armée de croisés. On ne voit de cette bataille que ses préparatifs et son funèbre résultat, l'action étant quand même présente dans le film avec l'attaque de la ville de Jérusalem. Huit personnages, tous historiques, dominent le scénario : le premier est bien sûr Balian, joué par Orlando Bloom qui se fond sans problème dans la peau d'un homme à l'esprit chevaleresque, au meilleur sens du terme. Baudouin IV est interprété par Edward Norton dont le visage se cache derrière un masque métallique, et ce roi courageux fera tout pour sauvegarder la paix, mais sa mort fera tout basculer. Saladin est joué par l'acteur syrien Ghassan Massoud, qui s'est beaucoup investi avant le tournage dans l'histoire de son personnage et a même apporté des éléments historiques au scénario. La faction guerrière des croisés est menée par Guy de Lusignan (Marton Csokas) et Renaud de Châtillon (Brendan Gleeson), alors que Tiberias (Jeremy Irons, vraiment excellent) est avec Balian du côté de la paix. Liam Neeson est aussi très bon dans le rôle du père de Balian, mais son personnage meurt assez tôt dans le film. Enfin il faut mentionner le seul personnage féminin du film, Sybille, la sœur de Baudouin, mariée à Guy de Lusignan qui joue elle aussi un rôle crucial dans le déroulement des évènements. C'est une Eva Green très inspirée qui tient le rôle de cette princesse à la personnalité complexe, sûrement la plus intéressante du film.
"Kingdom of Heaven" est peut-être le plus esthétique des films de Ridley Scott, ce qui en situe bien le niveau, ce réalisateur étant un amoureux de la mise en scène léchée et des jeux de lumière. La recherche de détails véridiques est poussée jusqu'à la maniaquerie en ce qui concerne les costumes, les armes et surtout la reconstitution de Jérusalem, un décor gigantesque qui a englouti une part non négligeable du budget du film. Et les résonances de ce film avec ce que vit encore aujourd'hui cette région du monde montrent à quel point la paix est fragile et qu'il est beaucoup plus difficile de la maintenir que d'allumer les mèches pour mettre le feu aux poudres.

Ma note 9/10

3- "Braveheart" de Mel Gibson (1995) - 41 pts (Meilleure place : 1er)

Top 10 : Les films médiévaux - Page 5 537h

A la fin du XIIIème siècle, dans une Ecosse écrasée sous la domination anglaise, un homme va se lever et donner le signe de la révolte. Après l'assassinat de sa femme par les soldats anglais, William Wallace, à la tête d'une armée inférieure en nombre et en armes, va défier l'envahisseur dans une lutte âpre et sauvage. Il remportera la plus grande des victoires, celle de la liberté...

Bénéficiant d'un budget plus que confortable, Mel Gibson, pour son deuxième film en tant que réalisateur  nous livre une formidable épopée médiévale conciliant tout à la fois le souffle épique et les scènes intimistes. Il se met lui-même dans la peau d'un des plus grand héros écossais, William Wallace, célèbre pour sa résistance au pouvoir anglais. Bien que prenant quelques libertés avec la réalité historique,  il nous livre un grand film d'action avec des scènes de batailles (batailles de Stirling et de Falkirk) d'une violence inouïe et un réalisme sanglant encore rarement vu à l'époque de son tournage. La scène du supplice final est également d'un réalisme particulièrement dérangeant. C'est d'ailleurs après ce film que les productions historiques d'Hollywood vont insister sur l'aspect brutal des batailles et des corps à corps. Insistant sur le côté le plus détestable des Anglais, personnalisés par leur roi Edward Ier (joué par un remarquable Patrick Goohan) il met en exergue le côté valeureux du héros écossais cherchant à émanciper son pays, mais devant aussi faire face à des trahisons au sein de son propre camp. On notera enfin la présence de notre Sophie Marceau nationale, qui joue la princesse Isabelle de France, belle-fille du roi et à laquelle on donne un rôle dans ce conflit qu'elle n'a pas eu dans la réalité (à l'époque des faits, la vraie Isabelle n'avait que 12 ans).

Ma note 8,5/10

4- "Les Sept Samouraïs" de Akira Kurosawa (1954) - 37 pts (Meilleure place : 2ème)

Ce film se déroule au XVIème siècle, alors qu'en Europe on est en pleine Renaissance. Néanmoins, les historiens considèrent que le moyen-âge japonais s'étend du XIIe siècle à la fin du XVIe siècle, se terminant en 1573 lorsque le seigneur de la guerre Oda Nobunaga destitue le dernier shogun Ashikaga. C'est à ce titre que j'ai accepté ce film dans ce top.

Top 10 : Les films médiévaux - Page 5 Myp9

Un village de paysans dans le Japon médiéval. Désespérés des attaques répétées de bandits qui les conduisent à la ruine et à la famine, ils font appel à 7 guerriers afin de les protéger et des les aider à se défendre…

Les Sept Samouraïs demeure sans doute le film le plus célèbre d'Akira Kurosawa et peut-être de tout le cinéma japonais. Il constitue un exemple remarquable des films d’action et d’aventure produits dans les années 50, dont le caractère épique est souligné lors de la grande bataille qui ,se déroule sous la pluie. Le film est centré sur le choix des samouraïs de défendre la cause des paysans, mais ce sont ces derniers qui sont désignés à la fin du film comme les véritables vainqueurs de la bataille, tandis que les samouraïs survivants, habitués aux défaites et à l’oubli ne peuvent que constater le caractère dérisoire de cette victoire qui ne fait qu’entériner leur déclin. Comme à son habitude, Kurosawa dresse un tableau de la condition humaine, et il se montre aussi à l'aise dans les scènes d’action que dans les moments comiques ou intimistes. À cet égard le personnage de Kikuchiyo (joué par Toshiro Mifune, un des acteurs fétiches de Kurosawa)) est le plus emblématique du film, car il est à la fois paysan et samouraï, lâche et courageux, ridicule et grandiose, drôle et tragique. Dans un registre plus sobre, Takashi Shimura livre également une performance remarquable.
Ce film fera l'objet d'un remake américain en forme de western, le fameux "Les Sept Mercenaires" de John Sturges (1960) qui connaitra également un succès considérable.

Ma note 7/10

5- "Le Dernier Duel" de Ridley Scott (2021) - 33 pts (Meilleure place : 1er)

Top 10 : Les films médiévaux - Page 5 65n6

En 1386, en Normandie, le chevalier Jean de Carrouges, de retour d'un voyage à Paris, retrouve son épouse, Marguerite de Thibouville. Celle-ci accuse l'écuyer Jacques le Gris, vieil ami du chevalier, de l'avoir violée. Le Gris se dit innocent. L'affaire remonte jusqu'aux plus hautes sphères du pouvoir, le roi Charles VI doit décider s'il y aura un "procès par le combat", selon le souhait du chevalier. Ce duel à mort est censé déterminer la vérité. Si son mari est tué, Marguerite de Thibouville sera brûlée vive pour fausse accusation et le Gris sera innocenté. Ruiné, Jean de Carrouges est peu soutenu, alors que Jacques le Gris peut compter sur le soutien du puissant comte Pierre II d'Alençon...

Après "Kingdom of Heaven" et "Robin des Bois", Ridley Scott s'attaque pour la troisième fois à une épopée médiévale à grand spectacle, laquelle nous fait revivre le dernier jugement de dieu décidé par une cour royale, en l'occurrence celle du jeune roi Charles VI, avant qu'il ne sombre dans la folie. Le fait déclencheur de cette affaire judiciaire est l'accusation de viol de Marguerite de Carrouges envers Jacques Legris, un ancien ami de son époux Jean.  La relation entre Jean de Carrouges et Jacques Legris s'était ensuite détériorée lorsque Legris était devenu le favori de Pierre d'Alençon, le seigneur local qui méprise Jean de Carrouges, son vassal. Le film s'attache à décortiquer l'évolution des relations croisées entre Legris, de Carrouges et d'Alençon, avant de détailler le viol et ses conséquences.
La structure du film est assez originale , car elle raconte plusieurs fois (en général deux) les mêmes évènements du point de vue des trois protagonistes principaux, Jean de Carrouges, Jacques Legris, et Marguerite de Carrouges (ce procédé narratif avait déjà utilisé au cinéma dans le "Rashōmon" d’Akira Kurosawa). Mais loin de constituer des redites, ces différentes mises en perspectives permettent à chaque fois de mieux comprendre le caractère et les motivations de chacun, et la lecture des faits à la fin du film apparait bien différente de ce que laissait supposer leur vision initiale. Ainsi, on commence par l'histoire de Jean, un guerrier honorable et valeureux, éloigné des intrigues de la cour, soucieux de l'honneur de sa famille. Mais après l'histoire de Jacques, et surtout celle de Marguerite, cette belle image se décompose , et Jean apparaît comme un homme aussi violent que Jacques, un professionnel de la guerre qui combat essentiellement pour l'argent, et qui n'hésite pas à faire risquer à sa femme une mort horrible, juste pour se venger d'un rival.
Et bien que certains spectateurs aient regretté ces scènes vues en double, je trouve au contraire que c'est la très grande force de ce film, lequel se termine par le duel à mort entre de Carrouges et Legris, qui scellera aussi le sort de Marguerite. Le duel, extrêmement violent, est filmé par Ridley Scott avec sa maestria habituelle et constitue un final spectaculaire et haletant.
Le film est aussi servi par les prestations impeccables de Matt Damon (Jean de Carrouges), Adam Driver (Jacques Legris) et Ben Affleck (Pierre d'Alençon), qui a également participé au scénario et à la production du film, mais c'est Jodie Comer (Marguerite de Carrouges) qui marque la performance la plus remarquable en incarnant une femme courageuse et déterminée. Ridley Scott a souvent présenté des personnages féminins marquants (Ripley, Thelma et Louise, GI Jane, Lucilla...) mais Marguerite est certainement son plus bel hommage au féminisme, abordant dans ce film moyennageux toutes les problématiques mises en lumière aujourd'hui suite à MeToo, mais sans jamais en reprendre les excès.

Ma note 9,5/10

6- "La Chair et le sang" de Paul Verhoeven (1985) - 33 pts (Meilleure place : 2ème)

Top 10 : Les films médiévaux - Page 5 Aitb

Quelque part en Europe de l'ouest, une bande de mercenaires, menée par Martin, sort vainqueur d'une bataille pour le compte du seigneur Arnolfini. Mais lorsqu'il est trahi par ce tyran, Martin prend les armes et se retourne contre son ancien chef. Les mercenaires enlèvent alors Agnès la future épouse de Steven - le fils d'Arnolfini - et se réfugient dans un château dont ils se sont emparés. Pour sauver sa vie et se protéger de ses hommes, Agnès manipule Martin. Pendant ce temps, Steven installe un siège autour du château pour récupérer sa belle.

Premier film hollywoodien de Paul Verhoeven, "La Chair et le Sang" contient tous les ingrédients que l'on retrouvera régulièrement dans la filmographie du cinéaste hollandais : la violence, le sexe et l'ambiguïté des personnages. Film médiéval, il se distingue des productions habituelles dans le sens où l'esprit chevaleresque fait place à la mesquinerie et à l'instinct de survie, avec des gens du peuple qui vivent dans la crasse et souffrent de la pauvreté et de la mortalité enfantine. Des trois personnages principaux, aucun n'est vraiment sympathique, mais aucun n'est non plus franchement antipathique. On est d'abord du côté de Martin, floué par la fourberie de son seigneur Arnolfini, mais son image va vite se dégrader quand on verra son comportement plus qu'équivoque au sein de son armée de mercenaires. Agnès apparaît d'abord comme une gamine capricieuse et nymphomane, puis le spectateur va prendre son parti quand elle devra manipuler Martin et sa bande pour sauver sa vie et éviter un viol collectif. Quant à Steven il est, au début du film, du côté des méchants avec la trahison de son père envers Martin, avant qu'on le soutienne dans son combat pour délivrer sa belle. La fin ouverte, qui aurait facilement pu donner lieu à une suite, est, dans ce contexte, particulièrement satisfaisante.
Le jeu des acteurs est dominé par celui de Rutger Hauer (Martin), acteur fétiche de la période pré hollywoodienne de Verhoeven, abonné en cette année 1985 aux films médiévaux avec son rôle de Etienne Navarre dans "Ladyhawke", et par celui de la jeune Jennifer Jason Leigh, l'actrice ne se contentant d'ailleurs pas de nous faire profiter de ses seuls talents de comédienne. La réalisation est très aboutie, et pour certains, ce film est le meilleur de Verhoeven. Plus que montrer des batailles, néanmoins assez spectaculaires, le réalisateur veut nous décrire une époque où les mœurs étaient particulièrement rudes, et où chacun devait se battre pour survivre à la barbarie, la pauvreté et la maladie. La scène où Agnès cherche à séduire Steven sous les cadavres hideux de deux pendus mangés par les corbeaux a pour but de montrer la banalisation de l'horreur dans la vie de tous les jours. La peste joue également un rôle important dans le scénario, et même si le mode de propagation de cette terrible maladie est détourné au profit de l'intrigue, et on a droit à quelques séquences particulièrement peu ragoûtantes. Le scénario n'est pas historiquement très rigoureux (la machine de guerre de Steven, et les effets fulgurants de la peste), mais veut avant tout restituer les mœurs d'une période révolue, à travers le comportement des divers protagonistes.
L'histoire se déroule en 1501, cette époque étant charnière entre la fin du moyen-âge et le début de la Renaissance. Martin représente justement le moyen-âge, avec son caractère fruste et ses croyances mystiques, alors que Steven, qui se nourrit de références à Léonard de Vinci et ses inventions, représente l'ère nouvelle où l'esprit va s'ouvrir et abandonner l'obscurantisme religieux. De ce point de vue, le rôle réducteur de l'Eglise au moyen-âge est sévèrement critiqué à travers le personnage du Cardinal (interprété par l'excellent Ronald Lacey), et du rôle qu'il fait jouer à la statue de Saint Martin découverte à l'endroit où Martin enterre, dans un petit tonneau enfoncé dans la boue, son enfant mort-né. S'il vaut mieux, pour les âmes sensibles, s'abstenir de regarder ce film, il est incontestable que "La Chair et le Sang" est une œuvre puissante, unique en son genre, qui a un peu vieilli dans sa forme mais qui constitue une évocation sans concession d'une période où la vie humaine n'avait qu'une valeur toute relative.

Ma note : 8/10

7- "Ivanhoé" de Richard Thorpe (1952) - 33 pts (Meilleure place : 3ème)

Top 10 : Les films médiévaux - Page 5 Slno

Ivanhoé, un chevalier saxon, affronte le normand Jean sans Terre, à la tête du pays après avoir fait croire que son frère, le roi Richard Cœur de Lion, était mort.

Adapté assez librement du célèbre roman de Walter Scott, "Ivanhoé" est le modèle même du film de chevalerie, alliant avec un rare bonheur toutes les figures du genre : les combats en armure, l'assaut des châteaux forts, les grands sentiments, bravoure, loyauté, désintéressement contre la trahison, l'orgueil et la cupidité, et bien sûr l'amour avec de belles damoiselles en détresse qu'il faudra sauver des griffes des méchants. Son franc succès en salles, suivi par de nombreuses diffusions à la télévision en ont fait un des films les plus populaires de l'après-guerre.
Ivanhoé, fidèle du roi Richard Cœur de Lion retenu prisonnier en Autriche au retour de la croisade, va devoir lutter contre le frère du roi, Jean sans Terre, peu soucieux de faire délivrer Richard tant qu'il détient la régence du royaume. Ce n'est qu'avec l'aide des juifs et des hors-la-loi de la forêt de Sherwood menés par Robin des Bois, qu'Ivanhoé réussira à contrer les machinations de Jean et de ses sbires, les chevaliers de Bois Guilbert et Front de Bœuf. L'histoire se déroule sur fond de rivalité entre les saxons (habitants d'origine de l'Angleterre), et les Normands, qui ont pris le pouvoir outre-manche après l'invasion réussie de Guillaume le Conquérant, 150 ans plus tôt, mais il faut noter que le film n'a pas grand chose à voir avec la réalité historique, et correspond à la légende populaire qui veut que Richard ait été un grand roi et Jean sans Terre un despote. Le scénario, beaucoup plus concentré que le roman dont il est issu, fait se succéder les morceaux de bravoure qui resteront à jamais dans la mémoire de ceux qui ont vu le film dans leur enfance. Le tournoi d'Ashby où le Chevalier Noir défait les chevaliers normands pour les beaux yeux de la juive Rebecca, l'attaque du château royal de Torquilstone par Robin des Bois, et le combat final entre Ivanhoé et de Bois Guilbert sont les moments clés d'un film qui tient en haleine du début à la fin. C'est Robert Taylor qui interprète Wilfrid d'Ivanhoé, sa stature et son regard franc lui permettant de s'imposer face à des méchants très réussis, joués par Guy Rolfe (Le Prince Jean), George Sanders (Brian de Bois Guilbert), Robert Douglas (Hugh de Bracy), et Francis de Wolff (Front de Bœuf). On pourra juste regretter un certain manque de chaleur humaine chez le héros qui apparaît comme presque trop "parfait". On soulignera, aux côtés d'un Prince Jean proprement détestable, la composition beaucoup plus nuancée de George Sanders, le personnage de Brian de Bois Guilbert ayant un aspect attachant à travers son amour pour Rebecca. La petite juive est interprétée par une très jeune (19 ans) et très séduisante Elizabeth Taylor, émouvante à travers son amour pour Ivanhoé, qui lui, aime la douce Rowena (Joan Fontaine, au summum de sa beauté).
C'est Richard Thorpe qui est à la réalisation, et qui signe probablement là son meilleur film. Il a su s'entourer d'une équipe très professionnelle, et, à la tête d'un budget conséquent, il livre une œuvre forte bénéficiant de décors naturels imposants (les châteaux forts), et de costumes somptueux (mais pas forcément représentatifs de l'époque concernée). On peut néanmoins regretter que ce film ait été tourné juste un an avant l'apparition du cinémascope, ce format lui ayant probablement permis d'être encore plus spectaculaire.

Ma note 9/10

8- "Les Vikings" de Richard Fleischer (1958) - 19 pts (Meilleure place : 4ème)

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Au Xème siècle, les Vikings sèment la terreur sur les côtes d'Angleterre. Ragnar, le chef viking, tue le roi de Northumbrie et viole la reine Enid. Cette dernière donne naissance à Eric qui sera capturé par les Vikings et élevé comme esclave. Devenu adulte, il affronte Einar, le fils de Ragnar, et le défigure en lançant contre lui son faucon. Quelques temps plus tard, Morgana, la future reine d'Angleterre, est enlevée par Einar qui cherche à la séduire, mais elle tombe amoureuse d'Eric...

"Les Vikings" est un grand film d'aventure qui nous transporte à cette époque du moyen-âge où des guerriers venus de Scandinavie ravageaient les côtes de France et d'Angleterre. Il n'y a néanmoins aucune base historique à cette aventure, et si un Ragnar  se trouve bien parmi les figures légendaires nordiques, rien ne le relie vraiment au roi Ragnar du film, joué par Ernest Borgnine. Les aspects de reconstitution historique ont néanmoins été soignés, en particulier dans la construction de drakkars grandeur nature calqués sur un modèle conservé au musée d'Oslo. Les lieux de tournage vont des fjords norvégien au Fort La Latte en Bretagne, qui correspondent aux endroits où s'illustrèrent les vikings. Kirk Douglas, en tant que producteur s'est énormément investi pour que les reconstitutions soient le plus réalistes possibles, et a aussi beaucoup travaillé sur le scénario en essayant de composer avec une censure à l'époque omniprésente.
Kirk Douglas et Tony Curtis jouent les demi-frères ennemis Einar et Eric qui s'affrontent pour les beaux yeux de Morgane (Janet Leigh) et l'histoire est assez intéressante et pleine de rebondissements, certaines scènes étant également très spectaculaires. Mais comme beaucoup de films tournés à cette époque, les dialogues sont souvent théâtraux et on peut avoir un peu de mal à y croire vraiment, même si on ne s'ennuie jamais durant les 2h du film.

Ma note : 7/10

9- "Le Cid" d'Anthony Mann (1961) - 17 pts (Meilleure place : 3ème)

Top 10 : Les films médiévaux - Page 5 Mh56

XIème  siècle. L'Espagne est un pays ravagé par des guerres fratricides. Un homme, Don Rodrigue Diaz, dit "le Cid", va se lever et appeler tous les espagnols – chrétiens, juifs, musulmans – à s'unir et combattre l'ennemi commun : le terrible et sanguinaire émir Youssouf...

Réalisé par Anthony Mann, "Le Cid" se présente comme une immense fresque épique qui conte de manière assez réaliste la vie de Rodrigo Diaz de Bivar, un des premiers héros de l'histoire espagnole, au moment de la reconquista. Historiquement, Diaz de Bivar était un mercenaire qui a opéré pour de nombreux seigneurs, mais le film se focalise sur la période la plus glorieuse qui culmine par la prise de Valence. Il est à noter que la scène finale du film, grandiose et spectaculaire, relève de la pure légende.
Le film a bénéficié d'un budget considérable, et le gouvernement de Franco, qui voyait dans ce film un moyen de glorifier l'Espagne, favorisa l'accès à différents lieux de tournage et fournit de très nombreux figurants. Les aspects hitoriques furent supervisés par un médiéviste réputé, Ramón Menéndez Pidal.
C'est un Charlton Heston au sommet de sa gloire, après "Le dix Commandements" et surtout "Ben-Hur" tourné deux ans plus tôt, qui incarne la figure légendaire du Cid, et Sophia Loren joue une Chimène déchirée par ses sentiments contradictoires. Raf Vallone ( le comte Ordoñe) et Geneviève Page (la princesse Urraca) complètent le casting des personnages principaux. Le film est très spectaculaire, avec des batailles menées par des milliers de figurants, des décors grandisoses et un scénario assez riche, permis par une durée conséquente de 3 heures, mais il n'évite pas certains dialogues très artificiels (surtout dans sa première partie) et quelques longueurs dans des scènes intimistes un peu trop formatées pour que l'on y croie vraiment.

Ma note 7/10

10- "Robin des bois" de Ridley Scott (2010) - 16 pts (Meilleure place : 4ème)

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À l’aube du treizième siècle, Robin Longstride, humble archer au service du roi, assiste, en Normandie, à la mort de Richard Cœur de Lion, tout juste rentré de la Troisième Croisade. De retour en Angleterre et alors que le prince Jean prend possession du trône, Robin se rend à Nottingham où il découvre l’étendue de la corruption qui ronge son pays. Il se heurte au despotique shérif du comté, mais trouve une alliée en la personne de la belle et impétueuse Lady Marianne. Robin entre en résistance et rallie à sa cause une petite bande de maraudeurs. Ensemble, ils vont s'efforcer de soulager un peuple opprimé et pressuré sans merci, de ramener la justice en Angleterre et de restaurer la gloire d'un royaume menacé par la guerre civile...
Après toute une série de films montrant un Robin des bois de légende auprès d'un Richard Cœur de Lion présenté comme un roi quasi parfait, Ridley Scott nous livre une version plus réaliste des deux personnages, plus conforme à la réalité historique concernant le roi, mais toujours inventée en ce qui concerne Robin. Le film commence d'ailleurs par le siège du château de Châlus où le roi Richard a effectivement trouvé la mort en 1199, et le scénario s'écarte très largement de l'histoire contée dans les autres films.
L'interprétation est dominée par Russel Crowe qui retrouve Ridley Scott 10 ans après Gladiator, et Cate Blanchett en Marianne Loxley, moins jeunette que les héroïnes des autres films (ici, elle est veuve d'un croisé dont Robin a usurpé l'identité). Le Prince Jean est joué par Oscar Isaac et sa femme Isabelle d'Angoulème par Léa Seydoux dans un de ses premiers rôles notables à Hollywood, le méchant du film, Godefroy, étant lui incarné par Mark Strong. Le film est très spectaculaire, avec un réalisme poussé au niveau des batailles et la reconstitution historique est minutieuse, montrant un moyen-âge beaucoup plus fruste que celui d'Errol Flynn.

Ma note : 8,5/10

Le classement complet

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Top 10 : Les films médiévaux - Page 5 Empty Re: Top 10 : Les films médiévaux

Message par zardi Mer 31 Jan - 12:28

Merci et bravo pour ce beau travail. Merci pouce
Je vais lancer le top sur les films de huis clos.
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Message par alamo Mer 31 Jan - 17:54

Bravo Surfeur,
Le travail de fin est très impressionnant et passionnant, comme toujours.

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Top 10 : Les films médiévaux - Page 5 Empty Re: Top 10 : Les films médiévaux

Message par Barbe-Noire Jeu 1 Fév - 4:11

Excellent boulot, comme d'habitude  pouce pouce ! Bravo pour l'ensemble, dommage que c2302t et Hervé Paul, caciques de nos tops et quizz, n'aient pas pu trouver le temps pale  de nous rejoindre là-dessus .
Et j'avoue que, pris par d'autres choses, je n'ai plus trop pensé à regarder "Le dernier duel" Confus Embarassed ( pas vu un seul film en DVD-BR depuis plus de 3 semaines, uniquement concerts, théâtre, et quelques épisodes de séries ).
Et puis y'a eu le championnat d'Europe de Hand-Ball cheers , en plus du reste ( foot, biathlon, .....  )
A part celui-ci, j'ai vu tous les autres jusqu'à la 15ème place ( bon, "Le 7ème sceau", de façon plutôt parcellaire Mad , en diff-télé"distrait" et lors de mon quizz ) .
Surpris que "Les 7 samouraïs" soit limite à la marge  Surprised ! Je n'ai pas vérifié  Rolling Eyes la période des évènements, moi qui ait attiré l'attention de Zardi sur un film russe post moyen-âge ! Shame on me ......... affraid
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Top 10 : Les films médiévaux - Page 5 Empty Re: Top 10 : Les films médiévaux

Message par infrared Ven 2 Fév - 1:56

Merci Surfeur pouce

Je rajoute Ivanhoé à ma liste "à voir"
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Message par snaky930 Sam 3 Fév - 7:07

Bravo et un grand merci pour ce top... toujours au top Very Happy

Sacré boulot pouce
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Message par surfeur51 Jeu 22 Fév - 18:28

Pour terminer ce top, quelques films classés au delà du top 10...


13- "Robin des bois, Prince des voleurs" de Kevin Reynolds (1985) - 10 pts

Top 10 : Les films médiévaux - Page 5 Dd4h

Parti aux croisades et fait prisonnier, Robin de Locksley s'évade avec un Maure, Azeem, qui devient son ami et le suit jusqu'en Angleterre. Là, il découvre que son père a été assassiné et son domaine annexé par le shérif de Nottingham, qui terrorise et rançonne les paysans. Robin jure vengeance et retrouve Marianne, cousine du roi Richard dont le shérif ourdit la destitution.

Il est difficile de surprendre avec une histoire aussi connue que celle de Robin des Bois et des paysans de la forêt de Sherwood, et Kevin Reynolds, pour ce remake à grand spectacle, a choisi d'étoffer l'histoire avec plusieurs éléments originaux. Ainsi Robin revient des croisades en compagnie d'un Maure qui lui doit la vie et s'est juré de rembourser sa dette, le shérif de Nottingham est acoquiné avec une vieille sorcière et fait alliance avec des celtes, un peuple présenté comme primitif et cruel, et il y a une rivalité exacerbée entre Robin et Will l'Ecarlate dont on n'apprendra la raison que vers la fin du film. Tous ces éléments permettent au scénario de garder un rythme soutenu pendant deux heures et demi quand le film est présenté dans sa version longue inédite en salle. Avec près de cinq millions de spectateurs en salles, ce film a connu un vif succèsen France lors de sa sortie, les critiques soulignant néanmoins, à juste titre, son caractère un peu bancal, l'ambiance oscillant sans cesse entre une tonalité assez noire, voire tragique, et un aspect parodique illustré par le comportement outrancier du shérif de Nottingham (sa tentative de viol sur Marianne frisant le comique de situation).

C'est Kevin Costner qui incarne Robin, l'acteur étant au sommet de sa gloire un an après le succès extraordinaire, et pleinement justifié, de "Danse avec les loups". Cette collaboration réussie avec Kevin Reynolds entraînera ensuite les deux hommes dans l'aventure de "Waterworld", avec malheureusement beaucoup moins de succès. Marianne est jouée par la charmante Mary Elizabeth Mastrantonio, assez bien dans son rôle mais plus palotte que dans "Abyss" à cause d'un scénario ne la mettant pas beaucoup en valeur, surtout dans la deuxième partie du film où elle frise les potiches. A leurs côtés on trouve les personnages fétiches de l'histoire, Petit Jean (Nick Brimble), Will l'Ecarlate (Christian Slater), Frère Tuck (Michael McShane), et le nouveau du scénario, le Maure Azeem, joué par un Morgan Freeman égal à lui-même, donc excellent. Du côté des méchants, Alan Rickman interprète un shérif de Nottingham cruel et sans scrupules, mais souvent au bord de l'hystérie, secondé par un Guy de Gisborne franchement détestable (Michael Wincott), et manipulé par l'affreuse sorcière Mortiana (Geraldine McEwan). On ne peut passer sous silence la courte apparition, à la fin du film, du roi Richard Cœur de Lion sous les traits d'un Sean Connery qui commence à cabotiner. Tout ce casting est approprié, mais on peut se demander si Rickman n'en fait pas trop dans le décalage de son personnage, rendant l'ambiance du film oscillant beaucoup trop entre les genres.

La tonalité est plus sombre, beaucoup plus violente, et plus adulte que dans le film de Michael Curtiz, avec Errol Flynn et Olivia De Havilland, et qui reste la référence pour les aventures de Robin des Bois. Ce film est aussi plus spectaculaire grâce à des moyens importants et une utilisation judicieuse d'effets spéciaux et pyrotechniques. Les très nombreux lieux de tournage, en Angleterre et en France, la recherche sur les costumes, et un travail soigné sur la photographie donnent du relief à l'image et procurent un plaisir visuel certain. Mais la cible du divertissement familial, mélange d'aventure et de romance, est un peu plombé par quelques scènes sanglantes. Pour autant, parmi la vingtaine de films consacrés au héros de la forêt de Sherwood, celui-ci tient une place tout à fait honorable, se distinguant par la richesse de son scénario et la variété de ses scènes d'action.

Ma note : 8/10


13- "Le Roi Arthur" de Antoine Fuqua (2004) - 10 pts

Top 10 : Les films médiévaux - Page 5 Xqun

Après des années de campagnes militaires, Arthur et ses chevaliers n'aspirent qu'à quitter l'ile de la Bretagne et retourner à Rome pour y mener une vie paisible. Mais avant cela, une dernière mission les attend : libérer la Bretagne de l'invasion des Saxons. Seulement, pour résister, le peuple breton a besoin d'un Chef.

Alors que la légende du roi Arthur et des Chevaliers de la table Ronde a fait l'objet de nombreuses œuvres littéraires et cinématographiques, c'est ici à une tentative de reconstitution historique que nous assistons. Le scénariste David Franzoni (qui avait déjà écrit la trame de "Gladiator"), s'inspira du personnage historique Lucius Artorius Castus, envoyé par l'Empereur Marc Aurèle pour protéger les Bretons de l'invasion saxonne. Il en résulte une histoire profondément différente de celle teintée de fantastique que nous connaissons tous, avec une recherche de réalisme au niveau des costumes et du mode de vie dans cette période du tout début du moyen-âge (les évènements se déroulent vers 450 après JC). Et si le film présenté en salle, édulcoré au niveau des scènes de combat pour atteindre un public plus jeune, a pu paraître relativement fade, la version longue disponible en DVD/Blu-ray rend plus justice au travail du réalisateur Antoine Fuqua. Non seulement la structure narrative est beaucoup plus cohérente, avec de nombreuses scènes rajoutées ou montées différemment, mais quelques plans violents supplémentaires donnent du réalisme aux batailles où les corps à corps à l'arme blanche faisaient forcément des dégâts considérables parmi les belligérants (alors que dans la version diffusée en salles, on ne voit pas beaucoup de sang). L'histoire est traitée de façon très manichéenne, les héros étant beaux (surtout l'héroïne, Guenièvre étant incarnée par la ravissante Keira Knightley, mais qui n'apparait qu'au bout de 50 minutes) et chevaleresques, et les méchants laids et brutaux. Pourtant ceci ne nuit pas trop à l'intérêt du film et on se laisse porter par les aventures de ces chevaliers, à une époque où la vie paraît avoir été bien rude, au moins selon les critères de nos sociétés modernes. Pourtant la trame du scénario n'est pas très originale, on a même l'impression qu'Antoine Fuqua a refait "Les Larmes du Soleil", dans un contexte historique et des décors complètement différents. A noter également une connotation nettement anti-cléricale, le rôle de l'Eglise personnalisée par l'évêque étant plus qu'ambigu (de ce point de vue la scène où l'on apprend les tortures subies par Guenièvre est assez dérangeante). Autre différence avec le mythe, l'histoire d'amour entre Arthur et Guenièvre est traitée assez brièvement, et Lancelot ne se pose pas en rival d'Arthur.

La réalisation est soignée, avec quelques scènes d'anthologie, comme l'affrontement sur le lac gelé (la glace) et la bataille finale (le feu). Les acteurs, avec à leur tête Clive Owen, Ioan Gruffrudd et Stellan Skarsgard, sont bien dans leur rôle, sans fausse note, même s'il faut reconnaître que ce genre de scénario ne les pousse pas dans leurs derniers retranchements quant à la subtilité de leur jeu. Mais le film a surtout partagé les nostalgiques de la légende d'Arthur, plus flamboyante que cette triste réalité, et ceux qui trouvent cette nouvelle approche particulièrement intéressante, même si rien ne permet d'affirmer qu'elle soit, elle, fidèle à l'Histoire.

Ma note : 7.5/10


18- "Jeanne d'Arc" de Luc Besson (1999) - 8 pts

Top 10 : Les films médiévaux - Page 5 Jj79

L'épopée de Jeanne qui assista, petite fille, au pillage de son village Domrémy par l'armée anglaise. On la suit de sa jeunesse pieuse où des voix l'engagent à délivrer la France de la domination anglaise, à sa victoire à Orléans, jusqu'à son procès final et sa mort sur le bûcher, le 30 mai 1431. Elle avait dix-neuf ans.

Tourner une nouvelle version de la vie de Jeanne d'arc pouvait paraître un défi risqué, tant l'histoire est connue et ayant déjà fait l'objet de films de qualité. Luc Besson a revisité entièrement le mythe, en s'attachant à dresser un portrait original de la Pucelle, qui apparaît comme une femme exaltée, débordant d'énergie, mais aussi sensible et fragile. Ses voix ne sont pas celles d'un archange, surnaturelles, mais celles de sa conscience, figurée par un enfant de son âge quand elle est petite, un jeune homme quand elle se lance dans la reconquête de la France, un homme âgé pendant son procès. Mais elle reste profondément marquée par la religion, recherche la confession et la prière, et considère bien que c'est Dieu qui guide sa conduite et qui lui donne sa force. Elle est humaine, proche des soldats, mais sa fougue devient presque hystérique quand les choses ne tournent pas comme elle l'entend. Ses rapports avec Dunois, La Hire, Gille de Rais, sont à la fois conflictuels et empreints de respect, ces rudes chevaliers finissant par être subjugués par le dynamisme illuminé de la jeune fille. On a beaucoup reproché à Besson de ne pas avoir présenté Jeanne en Sainte, d'autant plus qu'il a pris quelques libertés avec la vérité historique (en particulier, le meurtre de sa sœur par des soldats anglais lors d'un raid sur son village natal n'a jamais existé). Mais cette approche originale du personnage, moins mystique que la légende, a le mérite d'être réaliste, quand on cherche à comprendre comment une jeune fille a pu faire basculer l'Histoire de France.

Milla Jovovitch est entièrement habitée par son personnage, et trouve là certainement son plus beau rôle. La variété de son jeu dans les diverses circonstances auxquelles elle a à faire face, sa présence physique dans les scènes de bataille, sa beauté majestueuse en armure sur son destrier, seule face aux troupes anglaises, et sa détresse lors de son procès, en font désormais une des plus attachantes Jeanne d'Arc de l'histoire du cinéma. Elle est entourée par une pléiade de grands acteurs, tous parfaits, à commencer par Dustin Hoffman, sa conscience pendant son procès, John Malkovitch (le dauphin, futur Charles VII), Faye Dunaway (Yolande d'Aragon), Tchéky Karyo et Vincent Cassel, ses compagnons de combat.

Le film est divisé en trois périodes distinctes. L'enfance, où son caractère exalté et religieux apparaissent déjà, avec le viol et le meurtre de sa sœur qui déclenchent sa haine contre les anglais. Si cette partie du film n'est pas la plus intéressante, elle a le mérite de donner de la cohérence au personnage. La deuxième partie, les batailles, est la plus réussie, avec des combats orchestrés de manière spectaculaire, rien n'étant caché des horreurs de la guerre, avec têtes et membres tranchés dans des jaillissements de sang, et des scènes particulièrement dures comme celle où un soldat victorieux veut massacrer son prisonnier pour lui prendre ses dents. C'est aussi là que l'on voit Jeanne la plus humaine, priant pour ses ennemis comme pour ses soldats, faisant tout pour éviter des massacres, mais n'hésitant pas à lancer l'assaut quand il n'y a plus rien à négocier. Le procès est la partie la moins spectaculaire, mais c'est celle où l'on comprend le mieux ses doutes, ses peurs, et sa fragilité, lors des débats qu'elle a avec sa conscience.

Malgré une durée de plus de 2h30, on ne voit guère le temps passer lors du visionnage, même si certains spectateurs ont trouvé la dernière partie trop longue, d'autant plus que le dénouement, triste et poignant, est connu par avance. Mais ce film nous permet de revivre une époque de notre histoire, et il est probable que lorsque certains spectateurs de ce film réentendront parler de Jeanne d'Arc, c'est bien avec le visage de Milla Jovovitch dans son armure flamboyante qu'il se la représenteront.

Ma note : 8/10


18- "Un lion en hiver" d'Anthony Harvey (1968) - 8 pts

Top 10 : Les films médiévaux - Page 5 Cw9h

Intrigues autour du problème de la succession d'Henry II, roi d'Angleterre au XIIème siècle, et qui réunit sa femme Eléonore d'Aquitaine, ses trois fils, sa maîtresse Alix, et le frère de cette dernière, le roi de France Philippe II.

Adapté d'une pièce de théâtre de James Goldman qui s'inspirait d'une réalité historique sans doute un peu romancée, "Un lion en hiver" rappelle à quel point l'Histoire de l'Europe s'est construite à partir des petites affaires des familles régnantes, teintées d'amour et de haine, d'ambition, de jalousie, de fidélité et de trahisons. Servi par un casting remarquable et des dialogues très travaillés, cette réalisation d'Anthony Harvey garde toute sa modernité, plus de 50 ans après sa sortie sur les écrans et ses trois Oscars. Il est important de souligner qu'il s'agit d'une intrigue pratiquement en huis-clos, avec très peu d'action, contrairement à d'autres films médiévaux se déroulant à la même époque, comme "Les Aventures de Robin de Bois" ou "Ivanhoé".

A cinquante ans, âge canonique pour l'époque, le vieux roi Henri II (Peter O'Toole) veut imposer son fils cadet Jean (Nigel Terry) comme son successeur. Cette question est depuis longtemps source de discorde avec la reine Aliénor d'Aquitaine (Katharine Hepburn) qu'il a privée de liberté depuis une dizaine d'années, craignant ses intrigues. Aliénor est favorable à Richard (Anthony Hopkins, dans son premier film), l'aîné depuis la mort de leur fils Henri, initialement destiné au trône. Geoffroy de Bretagne (John Castle), le troisième fils, oscille entre le soutien à l'un ou l'autre de ses frères, briguant la place de conseiller. Par ailleurs Alix de France (Jane Merrow), demi-sœur du Roi de France Philippe II (Timothy Dalton, tout jeune, lui aussi dans son premier grand rôle), qui possède le Vexin et a été promise en mariage à Richard, est devenue la maîtresse du roi. Celui-ci veut la marier à Jean, au grand dam de Philippe qui soutient Richard. Tout ce petit monde se retrouve au château de Chinon pour les fêtes de Noël 1183, et chacun va manœuvrer pour tenter d'imposer ses vues, tout les moyens étant envisagés, y compris le meurtre…

On assiste aux déchirements d'une famille divisée par les rancœurs où parents et enfants s'aiment et se détestent, s'envoyant au visage les mots les plus durs tout en montrant un attachement certain. Les relations au sein du couple royal sont tout aussi ambiguës, tout comme celles entre Aliénor et Alix, la reine ayant élevé comme l'un de ses propres enfants celle que le roi a choisie comme maîtresse. L'interprétation de Katharine Hepburn est étonnante, elle lui vaudra un troisième Oscar à titre personnel, et les débuts d'Anthony Hopkins et Timothy Dalton, qui jouent les deux rois qui partiront ensemble pour la troisième Croisade, sont dignes de leurs futures carrières. Le film, réalisé par un quasi inconnu est construit avec beaucoup de rigueur (même si Harvey a tendance à abuser des très gros plans), et bénéficie de décors et costumes qui nous replacent parfaitement dans l'époque. Le rythme n'est pas trépidant, avec juste un peu d'action au début du film, mais la tension est constante de part la violence des sentiments exprimés, et les spectateurs voudront savoir comment chacun des personnages réussira à sortir son épingle du jeu. Ces personnages sont d'ailleurs peu sympathiques, dévorés par l'ambition et la soif de pouvoir, seule Alix paraissant assez désintéressée, et seul pion dans cette partie d'échec grandeur nature. Quelques scènes restent mémorables, comme celle où les trois fils d'Henri II sont cachés derrière des tentures dans la chambre du roi Philippe II après que leur père soit venu discuter avec son homologue français, ou celle du "mariage" forcé d'Alix. Mais ce sont les passages où Henri et Aliénor se mesurent l'un à l'autre qui véhiculent le plus d'émotions, avec une étonnante alchimie entre ces deux personnages, malgré leur affrontement toujours latent.

Si certains pourront déplorer l'aspect un peu théâtral du film, et si les plus férus en histoire noteront aisément quelques libertés avec la réalité historique, on ne peut qu'apprécier la qualité et même la modernité des dialogues qui n'ont pratiquement pas vieilli.

Ma note : 8/10


22- "Les Aventures de Robin des bois" de Michael Curtiz et et William Keighley (1938) - 5 pts

Top 10 : Les films médiévaux - Page 5 7moq

En l'an 1191, le roi Richard Coeur-de-Lion, parti pour les Croisades, a été fait prisonnier par Léopold d'Autriche, qui demande un million d'écus de rançon... Mais à la Cour de Nottingham, son frère, le prince Jean, qui s'est assuré la complicité du seigneur Guy de Gisbourne, tient à garder le pouvoir. Robin de Locksley, archer de grande valeur, se refuse à reconnaître l'autorité de l'usurpateur. Recherché activement, il se réfugie dans la forêt de Sherwood avec quelques compagnons dont Petit-Jean, Willy l'Écarlate et Frère Tuck. Ensemble, ils recrutent des hommes fidèles à Richard et organisent la résistance..

Des quelques vingt films relatant les aventures de Robin des Bois et des hors-la-loi de la forêt de Sherwood, cette version tournée en 1938 avec Errol Flynn et Olivia De Havilland, est certainement la plus connue, et est devenue, avec le "Ivanhoé" de Richard Thorpe (1952), un des grands classiques des films de cape et d'épée. Des moyens considérables pour l'époque avaient été mis en œuvre (aucun film n'avait coûté aussi cher à la Warner auparavant, près de deux millions de dollars) et c'est peut-être ce qui lui a permis de traverser plus de six décennies sans prendre trop de rides. Son format 1,33/1 un peu étriqué, le côté légèrement démodé des dialogues et du style de narration, et un scénario archi-connu ne nous empêchent pas de savourer ce divertissement réalisé sans temps mort, avec un sens remarquable du suspense et de l'action. Le duo Flynn/De Havilland, qui incarnent le héros et sa belle, est parfaitement assorti et le courant qui passe entre eux en a fait un des couples mythiques du 7ème art. Basil Rathbone, Melville Cooper et Claude Rains sont remarquables dans des rôles de personnages bien détestables, sachant que souvent la réussite d'un film est proportionnelle à l'aversion des spectateurs pour ses méchants. Des décors impressionnants pour l'époque de tournage, des costumes somptueux, bien qu'assez peu réalistes de cette période du moyen-âge (les armures, et les toilettes de Lady Marianne), et une musique épique, servent d'écrin visuel et sonore à cet incontournable de l'histoire du cinéma.

Le Film : 8/10
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